Maroc Entrepreneurs

 

et l’association

 

 

ont organisé une conférence sur le thème :

 

 

 

 

 

 

« Initiative Nationale de Développement Humain : Thérapie de choc contre la pauvreté ? »

 

 

 

 

 

 

Avec M. Abderrahim Harouchi

Ministre du développement social, de la famille et de la solidarité

 

Le 10 Novembre 2005 à Paris


 A la demande de nombreuses personnes présentes à la conférence nous mettons en ligne la présentation de M. Harouchi sur l'INDH et qui a été abordée en début de conférence : Présentation au format PDF

Compte rendu de la conférence avec M. Abderrahim Harouchi

 

Le 10 novembre 2005, l’association Maroc Entrepreneurs – association créée en 1999 qui promeut l’entrepreneuriat après des étudiants et jeunes diplômés en France- et l’association Essec Maroc – Association des Marocains diplômés de l’Essec- ont eu l’honneur d’accueillir dans les locaux de l’ESCP-EAP à Paris, M. Abderrahim Harouchi, ministre du développement social, de la famille et de la solidarité pour débattre du thème de l’Initiative Nationale de Développement Humain en présence d’un auditoire de plus de 160 étudiants et jeunes diplômés marocains.

 

 

 

 

 

Après une présentation de l’invité, et une introduction à l’INDH, M. Abderrahim Harouchi a répondu aux questions de MM. Omar El Amine Fichtali et Mehdi Lahrichi, modérateurs de la conférence.

 

 

Voici les principaux points abordés :

 

  1. Introduction

 

Entre 1995 et 2004, le Maroc a fourni un grand effort en matière de développement et d’action sociale ; il a ainsi alloué, chaque année, 50% de son budget aux secteurs sociaux (santé, éducation, formation, logement social, développement rural, programmes sociaux d’assistance, protection sociale, solidarité, appui aux associations).

 

 

Pourtant, et en dépit d’une évolution des indicateurs sociaux, des déficits sociaux préoccupants persistent :

 

Plusieurs causes sont évoquées : Croissance économique moyenne, croissance démographique longtemps soutenue, retard de développement du monde rural, contraintes entravant l’efficacité des politiques inter et multi-sectorielles, émiettement et dispersion des interventions…

 

Les conséquences se traduisent par un retard du pays en matière de développement humain (124e rang), un impact négatif sur la croissance économique, une menace pour la cohésion sociale ainsi que de nouveaux risques sociaux générés par la mondialisation.

 

Ce constat a rendu nécessaire une réaction à grande échelle d’où l’INDH lancée par sa Majesté le Roi Mohamed VI le 18 Mai 2005.

 

  1. Qu’est-ce que l’INDH ?

 

Ø      Un constat

 

Ø      Une initiative novatrice et ambitieuse qui vise, d’une part, à réduire la pauvreté, la vulnérabilité, la précarité et l’exclusion sociale, conformément aux objectifs du millénaire et aux engagements du Maroc et, d’autre part, à instaurer une dynamique pérenne en faveur du développement humain, de l’épanouissement et du bien-être de l’ensemble de la population ; et ce dans le cadre d’une vision d’ensemble démocratique, stratégique, humaine et économique.

 

Ø      Une nouvelle approche où le développement humain devient la finalité et le développement économique et sociale le moyen. Il s’agit d’une approche curative et préventive qui concerne tous les volets du développement (accès aux équipements de base, renforcement du capital humain et la création d’activités génératrices de revenus)

 

Ø      Un nouveau mode de gouvernance qui repose sur la planification (qui laisse une large part à la flexibilité), la décentralisation, la contractualisation et le contrôle à posteriori.

 

Ø      Une dynamique du développement qui repose sur :

• Une politique de valorisation du potentiel humain.

• Une culture de la participation, du partenariat et de la solidarité.

• Une mobilisation de toutes les composantes de la société.

• Une impulsion donnée à tous les facteurs de croissance : capital physique, humain et social, gouvernance, démocratie.

• Une meilleure articulation entre croissance économique et développement humain

 

  1. Quels sont les programmes qui composent l’INDH ?

 

Ø      Un programme de lutte contre la pauvreté rurale et l’exclusion qui reprend l’approche globale et intégrée

Ø      Un programme de lutte contre la précarité qui se fixe comme objectifs l’assistance aux personnes vulnérables et qui consistera en une mise à niveau des centres existants (orphelinats, centres sociaux) , l’insertion familiale, sociale et économique et la création de nouveaux centres polyvalents et spécialisés

Ø      Un programme transversal qui touchera l’ensemble des provinces et qui vise principalement à lutter contre les facteurs de risques sociaux

 

  1. Quels seront le mode de gouvernance et les étapes de mise en œuvre ?

 

Dans un premier lieu, un plan d’action immédiat a été mis en œuvre et qui s’attaquera aux problèmes les plus urgents. A partir de Mars 2006, l’INDH rentrera réellement en phase d’action. La gouvernance décentralisée reste le mot d’ordre et consistera essentiellement en la création d’une Division de l’Action sociale au niveau des provinces et préfectures et d’un réseau régionalisé d’experts de l’assistance technique en développement durable ; l’élaboration de procédures de démarche participative et de gestion de projet ; le renforcement des capacités de l’Entraide Nationale et de l’Agence de Développement social ainsi que la création de programmes de formation.

 

Les actions seront suivies, évaluées et feront l’objet d’une communication en continu pour mobiliser l’ensemble des acteurs, promouvoir la culture de la participation et créer une dynamique pérenne du développement humain.

 

 

 

  1. Comment l’INDH sera-t-elle financée ?

 

2005 : 250 Millions DH

 

2006 : 10 Milliards de DH

         - 6 milliards DH : budget général de l'État

            - 2 milliards DH : collectivités locales

            - 2 milliards DH : coopération internationale

 

 

Création d’un Compte d'Affectation Spéciale (CAS)

 

• Ordonnateur : Premier Ministre

• Sous ordonnateurs : gouverneurs

• Mise en œuvre par délégation de crédits globalisés

 

 

 

 


Questions / réponses

 

 

Après cette présentation, M. Harouchi a répondu aux questions des modérateurs. Ainsi, il a rappelé que l’INDH constitue une réelle nouveauté à tout égard. Le contrôle est systématique et sera confié à des personnes reconnues pour leur intégrité et honnêteté. Le clientélisme n’aura plus sa place dans les processus de nomination des responsables et de contrôle. Les Walis et Gouverneurs, principaux centres de responsabilités dans l’INDH, sont désormais des managers compétents. M. le Ministre a également appelé à l’optimisme et à la patience. Concernant les actions lancées en 2005, il s’agit bel et bien de projets initiés depuis plusieurs mois et que la nouvelle plateforme de « INDH » incluant des organes de contrôle et structures de formation au niveau local sera opérationnelle très prochainement.  Monsieur Harouchi a également souligné que le 16 mai 2003 a tiré la sonnette d’alarme d’une politique gouvernementale autrefois passive. Monsieur le Ministre a également évoqué la question de l ‘économie sous-terraine. A ce sujet, il note que l’économie informelle constitue aujourd’hui au Maroc un moindre mal dans la mesure où elle demeure une solution provisoire pour les personnes les plus démunies. Monsieur Harouchi a ajouté que le gouvernement connaît mieux aujourd’hui les vraies sources de la pauvreté. Aussi, il estime que l’INDH est une solution efficace afin de diffuser l’action sociale du gouvernement dans toutes les régions pauvres du Maroc et ne plus se résoudre à financer des projets ça et là sans réelle stratégie moyen long terme ni vrai suivi de résultats.    

 

 

 

Les questions du public

 

Les questions ont été nombreuses et ont porté sur des problématiques particulières tels que la participation de la communauté marocaine à l’étranger, le rôle de l’état dans le cadre de l’INDH, l’importance donnée à la croissance économique, la fuite des cerveaux,…

 

M. le Ministre a rappelé que les marocains résidant à l’étranger se sont déjà fortement engagé dans le développement humain et que l’amélioration des conditions d’investissement au Maroc reste évidemment le meilleur moyen de les inciter à en faire davantage et de lutter contre la fuite des cerveaux. Il a expliqué que la croissance économique va de pair avec le développement humain et que justement il s’agit là de la principale nouveauté qui donne à la création de la richesse plus d’importance que l’action caritative. Cette richesse devra profiter prioritairement aux plus pauvres au même titre que l’accès gratuit aux soins, à l’éducation,… L’Etat restera présent à travers son rôle de planification mais ne pourra, en raison de la réalité économique, maintenir son rôle de fournisseur de services.

 


Questionnaire de Proust

 

 

Après avoir répondu aux questions du public, Abderrahim Harouchi s’est aimablement prêté au

jeu d’un questionnaire de Proust :

 

A quoi pensez-vous le matin en vous rasant ?

Votre livre de chevet ?

Vos héros dans l’histoire ?

Le trait de caractére qui vous caractérise le plus ?

Dernier coup de gueule ?

Dernier coup de coeur ?

Le plus beau compliment qu’on vous ait fait ?

Votre plus grande réussite ?

Votre devise ?

Etat présent de votre esprit ?

 

 


Séquence « Arrêt sur Images »

 

Avant de clore la conférence, M. Abderrahim Harouchi a pris place coté public pour commenter une série de diapositives que nous avons projeté.

 

 

Nous lui avons demandé de réagir et nous donner ses impressions sur ces images sélectionnées et qui sont pour la plupart représentatives de l’actualité marocaine d’aujourd’hui.

 

 


Extrait de la série de diapositives projetées