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La recherche
d’emploi au Maroc : Mes réflexions. Il va sans dire que le Maroc souffre de la conjoncture économique actuelle qui occupe nos esprits depuis un bon bout de temps déjà. Et la relance ? On a tous envie d’y croire et on y croit. En attendant, les jeunes diplômés ont besoin de trouver des recruteurs, mais les postes à pourvoir ne font pas pléthore. Autre écueil majeur : la communication entre les différents acteurs du marché de l’emploi n’est pas encore parfaitement structurée. Bref aperçu sur les tendances actuelles du marché de l’emploi au Maroc Les tendances du marché se sont adaptées aux besoins actuels : fini l’engouement pour les informaticiens, la demande pour les commerciaux est soutenue, voire en croissance. Quand l’environnement macroéconomique est morose, ce sont les métiers de la vente et du marketing qui sont les plus demandés. Les métiers liés à la qualité, la logistique et la finance sont aussi « bien vus » à l’heure actuelle. Côté « études de courte durée », les techniciens de maintenance et les infographistes trouvent leur place. La naissance de plusieurs centres d’appels à Casablanca et Rabat ouvre le marché aux téléopérateurs et téléconseillers. Corollaire de la loi de l’offre et de la demande, les salaires sont en baisse et les entreprises sont de plus en plus sélectives et exigeantes. La recherche d’emploi : une vraie galère Si les expérimentés ont plus de chance de trouver le poste qui leur convient, plus ou mois rapidement, le chemin reste épineux pour les jeunes diplômés. D’une part, la recherche d’emploi relève du parcours du combattant du moment que le diplômé est livré à lui-même. Il ne bénéficie d’aucun accompagnement, d’aucun guide. Les organismes et entreprises ne disposent pas tous d’un site web qui, quand bien même il existe, ne fournit pas toujours les informations les plus basiques nécessaires aux candidats, à savoir adresse e-mail ou numéro de téléphone du chargé de recrutement. Aussi faut-il impérativement, et pour bon nombre d’entreprises, passer par la lettre manuscrite et Barid Al Maghrib. Ce faisant, on est confronté à deux problèmes, et non des moindres. Le premier concerne la difficulté pour les recruteurs de faire un tri parmi les candidatures. Il est donc impossible d’effectuer une recherche basée sur des mots clés comme c’est le cas des candidatures électroniques par exemple. Deuxième problème : les candidats n’ont aucun moyen pour suivre l’évolution de leur candidature. Aucun nom, aucun numéro de téléphone ou adresse e-mail, la lettre de motivation manuscrite étant généralement adressée au « Directeur Général » ou au « Directeur des Ressources Humaines » au sens large. D’autre part, il faut faire face à la rudesse de la concurrence. Comment intéresser un recruteur qui reçoit des centaines de demandes d’emploi par jour? C’est là qu’interviennent la renommée du diplôme, la diversité des stages et le sujet du projet de fin d’études qui oriente souvent le projet professionnel des candidats. Question dépôts de candidatures, l’expérience montre qu’il est important de recourir à tous les relais possibles : forums, conférences, réseau des anciens de l’école, … même et surtout depuis l’étranger. Certains pourraient être conseillés, comme moi, d’aller déposer eux-même leurs candidatures dans les entreprises, une à une, au lieu de les envoyer par voie postale. J’ignore pourquoi ce genre d’idées circulent ! On vous dira : « Elles seront prises plus au sérieux…. , vu que tu as galérer pour aller la déposer, on dira que t’es très motivée !!! » . Or toutes les demandes atterrissent au service courrier comme n’importe quel autre pli. Personnellement, aucune des firmes où j’ai déposé moi-même ma candidature ne m’a répondu ! Mieux encore, arrivée à la hâte à l’accueil d’un grand organisme que j’ai eu du mal à trouver d’ailleurs, on refuse de me prendre ma demande, me demandant l’envoyer par la poste!! Seul et unique avantage : un bon moyen d’occuper son temps, de repérer les noms des ruelles, et de visiter des coins encore inconnus… Durant les différentes phases de la recherche d’emploi, le candidat doit s’armer de beaucoup de patience et de sang froid car la plupart des entreprises marocaines accordent malheureusement trop peu d’importance au suivi des candidatures. Souvent, elles ne fournissent aucune réponse même à des stades avancés du processus de recrutement. Parfois encore, l’entreprise propose aux chercheurs d’emploi des stages non-rémunérés ou des contrats formation-insertion, alors que les candidats ont déjà un diplôme de haut niveau. Prétexte évoqué : « Nous avons un besoin, mais nous n’avons pas prévu de budget pour embaucher du personnel. Merci de votre compréhension ». Pour l’anecdote, alors que j’étais encore en France, j’ai pu décrocher un entretien dans une des entreprises au Maroc. Comme cela avait l’air très intéressant, j’ai précipité mon retour. Le lendemain de mon arrivée, j’ai passé le premier entretien dans de très bonnes conditions. On m’avait même parlé des possibilités d’évolution. Le deuxième entretien (et le dernier) fut programmé dans la semaine. J’étais très motivée car la mission qu’on allait me confier répondait bien à ce que je cherchais, à tel point que j’ai eu du mal à réaliser ce qu’allait me dire le DRH : « Pour ne rien vous cacher, ce que nous avons à vous proposer, ce n’est pas un job… ce n’est pas un stage. C’est plus que ça. C’est un contrat de formation-insertion de 18 mois. Je vous demande seulement de repousser votre recherche d’emploi d’un an et demi, comme si vous poursuiviez toujours vos études. Vous avez quel âge ? 24 ans ? vous êtes encore très jeune ! En contre-partie nous vous offrons une bonne formation. Et vous découvrirez avec nous ce qu’est l’entreprise marocaine. Et bien sûr, pour vous motiver, vous serez rémunérée… disons entre 1600 et 4000 dh le mois ! ». Silence de plomb… le choc fut terrible ! Ceci reflète le fossé entre le Maroc et les pays développés en matière de recrutement. En France, par exemple, en tant que candidate, je me sentais plus soutenue et mieux guidée, que ce soit par le biais des forums, des organismes, des associations ou même de mon école. L’information était facilement accessible grâce à Internet et la réponse était assurée dans la majorité des cas. Par ailleurs, quand une entreprise française a un besoin passager, elle propose des stages raisonnablement rémunérés ou des CDD. Finalement, après deux mois et demi de recherche d’emploi sur le terrain marocain, j’ai pu intégrer le poste qui me passionnait au sein d’une équipe jeune et dynamique. Et après deux mois et demi de vie active, je peux dire que la situation au Maroc est en voie d’amélioration. Les responsables prennent de plus en plus conscience de l’importance de la qualité du processus de recrutement dans la vie de l’entreprise. Certes, la machine est loin d’être bien huilée, mais l’entreprise marocaine doit cesser de nous inquiéter car elle connaît un réel changement auquel nous devons concourir. On n’encouragera jamais assez notre diaspora scientifique et technique à revenir innover dans son pays et participer à son développement, que ce soit en intégrant des firmes existantes ou en en créant de nouvelles. Maroc Entrepreneurs a bien raison d’en faire son credo…
* Diplômée de l'Insa Lyon en
2003. |
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