Théme de conférence

Les Jeunes et la Politique au Maroc : Entre désaffection et désenchantement

 

La dépolitisation des jeunes est un constat qui dure depuis plus deux décennies. La faible participation des jeunes aux dernières élections législatives en est l’illustration probante. En effet, une longue histoire d’incompréhension, de désenchantement et de désillusion caractérise les relations entre la classe politique et la jeunesse.

Depuis bien longtemps, les jeunes ne font plus confiance à leurs élus et tournent le dos à la politique. “Tous les mêmes, ils ne cherchent que leurs propres intérêts”, est un des leitmotive dans la bouche des jeunes pour expliquer leur désaffection. Quelle en est la cause? Question récurrente aux réponses multiples et diffuses: le discrédit jeté sur certains partis politiques après l’expérience de l’alternance ajouté à une classe politique vieillissante qui refuse le renouvellement générationnel et qui rejette tout apport de sang neuf et ce, après des politiques autrefois sécuritaires où engagement rimait avec enfermement, contribue à cette absence d'idéal de plus en plus marquée.

Si la désaffection des jeunes de la sphère politique est une cause entendue, ils sont toujours peu nombreux à rejoindre des mouvements associatifs. L'enquête de l’ex-Conseil National de la Jeunesse et de l'Avenir (CNJA) révèle que “4% à peine des jeunes adhèrent à une ou plusieurs associations” et que “les jeunes adhérents s'intéressent principalement aux associations à caractère récréatif”.

En revanche, quand il s’agit de la Palestine ou de l’Irak, ces mêmes jeunes se tiennent régulièrement informés et animent les manifestations de soutien et de solidarité à travers le royaume. Certains même succombent aux sirènes du repli identitaire et religieux…

Comment expliquer cette désaffection du politique ? La jeunesse marocaine figure-t-elle dans les priorités des partis politiques? Le malaise social, caractérisé par le chômage notamment des diplômés, le poids des attentes et le choc des déceptions ne conduisent-ils pas à une crise de confiance dans les discours politico-politiciens? Comment faire naître l’implication et l’engagement des jeunes dans la vie politique?

Telles sont les questions auxquelles Monsieur Mohammed El Gahs, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education Nationale et de la Jeunesse, chargé de la Jeunesse, tentera de répondre lors de la prochaine conférence organisée par Maroc Entrepreneurs au courant du mois de Mars 2003.  

La politique demeure incontestablement une composante du développement de notre pays. Elle donne la vision de l’organisation sociétale et dresse le modèle de développement à suivre. La jeunesse marocaine gagnerait à s’impliquer davantage dans la consolidation de la vie politique et la construction de la démocratie. C’est sa meilleure assurance pour un meilleur avenir... à condition qu’elle y soit invitée.

 

Biographie :

M. El Gahs a poursuivi des études en droit à la Faculté de droit et des sciences économiques de l'université de Nancy II et en journalisme à l'école de journalisme de Strasbourg.

Titulaire d'une maîtrise en sciences économiques, d'un DEA en gestion et d'un DESS en Journalisme, M. El Gahs a été depuis 1993 Directeur-adjoint et Directeur de la rédaction du quotidien d’expression française "Libération". Il a mené des travaux de recherche en management stratégique, en relation euro-maghrébines, en marketing politique et en transfert de technologie. Il a été élu député de l'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) le 27 septembre dernier.

                                                                      

 

Omar El Amine Fichtali

 .: Revenir à la newsletter