Conjoncture

 

L’économie Marocaine en 2003

 

Signes positifs :

  • La croissance du PIB  est restée soutenue en 2002 avec 4,5 % de croissance après 6,5 % en 2001. Ce dynamisme de l’économie marocaine s’explique essentiellement par les bonnes campagnes céréalières successives.

  • Amélioration du marché du travail qui laisse prévoir  une demande soutenue de la part des ménages

  • Allègement du déficit commercial

  • Amélioration du profil des finances publiques par rapport aux prévisions de la loi de Finances 2002

 

Signes négatifs :

  • Ralentissement de l’activité industrielle en lien avec l’atonie du secteur textile.

  • Baisse du crédit accordé à l’équipement.

  • Repli des recettes touristiques et des IDE (investissements directs étrangers).

  • Poursuite de la contre-performance de la bourse de Casablanca.

 

Le moteur de la croissance : l’aléa climatique

 

Les perspectives de croissance en 2003 sont encourageantes en raison du bon démarrage de l’année agricole. Le taux de remplissage des barrages a atteint 58 % en janvier 2003 contre 46 % l’année précédente et les surfaces cultivées sont en nette augmentation.

Par ailleurs l’activité du bâtiment et des travaux publics a poursuivie son amélioration avec une croissance de 6,4 % en 2002. Pour les années à venir la croissance du BTP devrait se maintenir avec la relance du programme de lutte contre l’habitat insalubre et l’aménagement des nouvelles zones touristiques (Plan Azur).

Le secteur minier a fortement contribué à la croissance, la production ayant augmenté de 6,7 % en 2002 après 7,5 % en 2001. Le dynamisme de la demande mondiale de phosphate devrait se poursuivre en 2003.

Pour ce qui est du secteur tertiaire, l’activité touristique a accusé un fléchissement. Le nombre des arrivées de touristes étrangers a atteint le chiffre de 2 millions, en diminution de 3,9 %  après une baisse de 2,3 % en 2001. Aussi, les recettes touristiques en devises ont-elles reculé de 15 % en 2002 pour s’établir à 22 milliards de dirhams. L’objectif de 10 millions de touristes en 2010 semble difficilement accessible quant on sait que le nombre de touristes en 1972 s’élevait à 1 millions et qu’il a fallut attendre 30 ans pour que ce chiffre double. 

Le profil de la croissance marocaine est tout a fait particulier. En effet, même si la croissance effective (la croissance observée dans l’économie) est élevée, la croissance potentielle n’augmente pas pour autant. Or pour juger la capacité d’une économie à croître durablement le seul indicateur pertinent est le taux de croissance potentielle (le taux de croissance qui correspond à l’utilisation maximale des facteurs de production). Ce taux dépend de l’accumulation de capital  et des gains de productivité. Selon une étude publiée récemment par le ministère des Finances, la productivité  apparente du travail a augmenté au rythme de 2 % en moyenne de 1990 à 2000. De plus l’accumulation de capital a été très faible. La croissance actuelle de l’économie marocaine ne devrait donc pas inaugurer une période d’expansion durable. L’activité reste tributaire des cycles agricoles.
 

Marché du travail: réduction du chômage

  

En 2002 l’économie marocaine a crée 180000 emplois (création nette) en milieu urbain et 74000 en milieu rural selon les chiffres publiés par la Direction de la Statistique.

Le taux de chômage a baissé de 13 % à 11,7 % entre 2001 et 2002. En milieu urbain il est passé de 19,5 % à 18 % tandis qu’en milieu rural il a baissé à 4 % (le taux de chômage rural est systématiquement sous-estimé en raison du sous-emploi). Le chiffre le plus inquiétant, c’est le taux de chômage des diplômés en milieu urbain : 26 % en 2002 ! Un non diplômé a donc plus de chance de trouver un emploi qu’un jeune fortement diplômé.   

 

 

Echanges extérieurs : amélioration du solde commercial


Les échanges commerciaux avec l’étranger ont enregistré une hausse de 2,8 % en 2002.

Le déficit commercial a été réduit à 10 % du PIB (ce qui reste très élevé). Entre 2001 et 2002 le taux de couverture (rapport entre les exportations et les importations)  est passé de 65 à 67 %. L’amélioration du solde commerciale s’explique par la croissance des exportations des produits électriques et électroniques et par les exportations de phosphate. Toutefois, les ventes de produits textiles sont en repli en raisons des fortes pressions concurrentielles qui s’exercent sur ce secteur. Par ailleurs les importations n’ont guère progressé en raison de la baisse de la facture pétrolière (à cause de l’atonie du secteur industriel) et de la réduction des importations de produits alimentaires (bonne récoltes agricoles).

 

 Finances publiques : Restrictions budgétaires
 

La croissance des recettes et la réduction des dépenses ont permis d’accroître l’épargne publique de 52 % pour s’établir à 11,7 milliards de dirhams portant le taux d’autofinancement des investissements publics à 65 %.Toutefois les restrictions budgétaires ont porté non seulement sur les dépenses de personnels mais aussi sur les investissements publics. La politique budgétaire de Oualalou est résolument restrictive en vertu du culte des « fondamentaux » prêché par le FMI (le représentant du FMI, M.George Abed, s’est félicité de la situation du Maroc et a encouragé le gouvernement actuel a progresser dans la même voie. Amen). Rapporté au PIB le déficit devrait être ramené à moins de 5 % en 2002. Cette évolution s’est traduite par un besoin de financement de l’Etat de 10 milliards de dirhams qu’il a couvert en mobilisant des ressources internes.

 


Youssef Saadani

 

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